Je marchais sans savoir où aller. Lorsque je m’arrêtai, je vis que j’étais devant l’appartement de mon père.xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />
Il nous a quittées il y a six ans. J’avais sept ans. Je ne l’ai plus vu depuis quatre ans mais on s’appelle de temps en temps.
Avant, c’était lui l’ivrogne. Il a perdu ses droits de père et il n’a plus le droit de nous voir, en principe.
Je poussai la porte et pénétrai dans le bâtiment.
Je sonnai au nom « Dethuin »
-Oui.
-Pierre (le nom de mon père), c’est Catherine ! Je peux monter ?
-Bien sûr ! Monte !
Il avait l’air bien dans sa peau. Il avait l’air d’être content de m’entendre. La porte s’ouvrit et je m’engageai dans le couloir.
Mon Gsm sonna mais je préférai le répondeur :
-Je suis pas là alors…ah ! un ongle cassé ! Laissez un message ! bye.
-Cathy ? C’est maman. rentre s’il te plaît. Tu me manques . Je t’aime beaucoup tu sais. Encore chamboulée par ses paroles, je m’appuyai contre le mur et repris mon chemin.
Je sonnai à la porte.
Pierre vint ouvrir.
J’entrai.
-Cathy ? ça fait tellement longtemps ! Je suis content de te revoir ! Quatre ans, c’est long !
-Je sais Pierre.
-Pierre ? s’étonna-t-il.
-C’est ton nom. Non ?
-Si, oui c’est mon nom murmura-t-il un peu déçu.
-Je peux te parler ?
-Vas-y, je t’écoute !
-Je me suis disputée avec Angèle alors…
-…Angèle ?
-Oui…
-…Tu veux dire maman ?
-Angèle.
-Tu veux dire maman ? me redemanda-t-il.
-Non, Angèle m’obstinai-je.
-D’accord. Raconte moi.
-…alors je suis partie et je lui ai dis que je ne lui pardonnerai jamais.
-Ah la vache !
-Quoi ?
-Je savais pas que Nicolas est mort !
-Tu le…Tu le savais pas ? hoquetai-je.
-Non, elle ne m’a rien dit.
-Calme toi s’il te plaît.
-Je me calme, je me calme. Raconte moi comment il est mort s’il te plaît.
-Je te l’ai dit au moins trois fois !
-S’il te plaît ! Juste une fois.
-Bien.
-Merci. Mais, ton poignet saigne ! Viens, je vais t’arranger ça.
-Mmm. lui répondis-je en guise d’affirmation, il saigne.
-Viens alors.
-Non. Ca va. Tout va bien… Je t’assure.
-Raconte alors. Puis on verra. Ok ?
-Ok… Il a voulu traverser et un camion est arrivé. Il est mort trois heures plus tard à l’hôpital.
-Nicolas, Nicolas ! commença-t-il a crier.
-Pierre arrête !
-Nicolas, sors de ta cachette et dis à ta sœur d’arrêter de faire des plaisanteries minables !
-Pierre ! hurlai je. Il est mort !
-Non, tu mens !
-Je dis la vérité.
-C’est pas possible !
-Papa !
-Comment tu m’as appelé ?
-Papa. Je t’en prie. Tu dois l’admettre. Admets-le.
-…Nicolas, je t’aime, je t’aime. Reviens, reviens. sanglota-t-il.
-Calme toi. Calme toi.
-Ni… Ni…Reviens.
-Calme toi, dis-je en le prenant dans mes bras. Tu veux que je te chante une chanson ?
-Oui. D’accord Cathy.
-…La vie continue à avancer
Il ne faut pas lâcher
Ce morceau de chemin
Qui nous mène vers un autre lendemain
Où on se retrouvera
-Merci catherine. T’es une fille sympa.
-Merci.
-Je peux te demander quelque chose ?
-Ca dépend quoi. Demande toujours.
-Est-ce que tu voudrais rester ici quelques jours ? C’est les vacances et tu me raconterais ce que tu sais sur Nico et aussi comment ça se passe pour toi… Je sais pas moi. Je te demande juste de rester.
-Ben, je sais pas trop.
-Qu’est-ce que t’en penses ? Hein ? On ferrait plein de trucs : ciné, resto. Hein ?
-Si Angèle est d’accord, je suis ok.
-Génial ! Je te conduis chez toi et…
-Chez moi ? Pfff. Tu veux dire au souk ?
-Et tu demanderas à Angèle, tu prendras tes affaires et on revient .Ok ?
-Ok.
Pierre prit les clés de la voiture et me conduisit au souk-appart.
Lorsque j’entrai, une surprise m’attendait :
L’appartement était propre et rangé. Comme un appartement normal.
-Angèle ? appelai-je.
-Surprise ! hurla-t-elle en sortant de la penderie dans laquelle elle s’était cachée.
-Salut, lança Pierre d’une voix pâteuse en entrant à son tour.
-Quoi ? Toi ? Là ? Ici ? hoqueta Angèle en le voyant s’avancer.
-Bonjour Angèle, merci pour l’accueil.
-Angèle, intervins-je. Je peux rester avec Pierre quelques jours ?
-Quoi ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? lâcha-t-elle.
-S’il te plaît.
-Non, tu restes ici.
-Mais…
-J’ai dit non, me coupa-t-elle. Et n’insiste pas.
-Maman !
-Comment tu m’as appelée ?
-Euh… Angèle !
-C’est non. Va dans ta chambre. Je dois parler avec Pierre, me dit-elle en accuentant le « Pierre ».
-Bien…Angèle, achevai-je.
Je montai dans ma chambre.
Elle est simple :
Quand vous entrez, directement à votre gauche, vous avez une de mes bibliothèque, celle-ci étant la plus grande. après la bibliothèque, en travers de la pièce, la tête contre le mur se trouve mon lit.
Contre le mur devant vous, un canapé et dessus des peluches.
Directement sur votre droite, mon évier puis mon armoire. plus loin, une autre bibliothèque et mon bureau et à nouveau une bibliothèque.
Je me jetai sur mon lit et étouffai mes pleurs et mes larmes dans mon coussin.
Je pleurai ainsi pendant deux bonnes minutes.
Ensuite, je me relevai et alluma la radio :
-Et maintenant, petite sœur de Lââm.
Petite Soeur,
Je connais ta peine et ta douleur,
Les places qu'elles prennent dans ton Coeur,
J'étais la même Petite Soeur,
Petite Soeur...
Je pris un livre : La dame qui tue de Marie Aude Murail.
J’en étais au troisième chapitre quand je fis interrompue par une dispute.
Une dispute de Angèle et Pierre.
J’allai sur le palier de mon étage étant juste un au-dessus de le leur.
-Laisse la venir !
-Il n’en est pas question !
-Angèle, elle ne m’a plus vu depuis quatre ans !
-C’est ma fille !
-C’est aussi la mienne !
Ils étaient tous les deux en train de crier.
…-Laisse la venir !
Je descendis les escaliers et intervins dans leur dispute :
-Angèle ! J’irai chez Pierre que ça te plaise ou non !
-Mais chérie…
-Comment ? Tu m’appelles chérie après ce que tu m’as fait tout à l’heure ?
-Je t’en prie, pardonne moi.
-Non ! Tu as vu dans quel état est mon poignet ? Tu as vu ?
-Mais…
-Je vais faire mes bagages, je reste une semaine. la coupai-je.
Je montai les escaliers en courant et fourra en hâte mes vêtements en boule dans ma valise. Quelle joie de partir, de rester libre pendant une semaine !
Lorsque je redescendis, je me dirigeai directement vers la porte et me retournai
-Pierre, on y va ?
-D’accord. Je sens qu’on va bien s’amuser pendant cette semaine.
-Je le sens aussi, je l’espère.
Angèle s’accrocha à moi en suppliant et gémissant :
-Je t’en prie ! Reste ! Je t’aime ! Je ne recommencerai plus ! Je te le jure ! Tu es tout ce qu’il me reste.
Mais je continuais à avancer les larmes aux yeux.
Je montai dans la voiture de Pierre sans un regard derrière moi.
Pendant le voyage, j’observai le paysage qui défilait devant mes yeux :
D’un côté, les arbres n’en finissaient plus. De l’autre, il y avait des prairies, des champs, des prés avec des vaches, des moutons et des chevaux.
Ils étaient si beaux ! La vie avait l’air simple pour eux.
Lorsque je sortis de ma rêverie, nous étions arrivés. Je m’installai dans la chambre d’amis et lu jusqu’au dîner.
Le soir, je m’endormis immédiatement dans un sommeil paisible, dans mon lit douillet.
Troisième chapitre
Le lendemain,je me levai et m’habillai vers huit heures et descendis prendre mon petit déjeuner.
-Bonjour Cathy !
-B’jour Pierre… Je peux t’appeler comme ça lui, demandai-je après quelques hésitations.
-Ca me ferait plaisir que tu m’appelles papa mais étant donné les circonstances, tu peux m’appeler Pierre. Ma réponse est oui.
-D’accord. Alors, qu’est-ce qu’on mange ?
-Du bacon, des œufs et du pain. Ca te va ?
-Bien sûr.
-Après le p’tit déj. on ira à la bibliothèque. Tu pourras prendre des livres. Ok ?
Puis on ira au cinéma ou louer un DVD. Ok ?
-Ok ! Pour le DVD j’ai apporté Gilmore Girls. Tu connais ?
-Oui. J’adore.
-Bienvenue au club, j’en suis fan.
J’ai fini, je vais me laver les dents et j’arrive.
Une fois arrivés à la bibliothèque, nous nous séparâmes et j’allai au rayon des romans.
J’empruntai quelques livres et nous regardâmes ensuite Gilmore Girls, ma série préférée :
-L ?
-Laryngite, m ?
-Méningite, n ?
-Narcolepsie, o ?
-On est vraiment obligées de jouer à ça à chaque fois qu’on décide de vider le réfrigérateur ?
-Tu veux rejouer au pouce le plus fort ?
-Euh… Ostéoporose, p ?
-Des petits chiens
-Mais c’est pas une maladie/ Oh non !
-Dis Pierre ?
-Oui Cathy ?
-Demain tu as prévu quoi ?
-Journée avec ma fifille !
Ne m’appelle pas comme ça. On pourrait aller jouer au tennis demain ? Je sais que tu en joues alors je me disais…
-Ok ! Tu es classée ?
-C15.4
-Pas mal, dut-il avouer. Tu y joues depuis longtemps ?
-Depuis que j’ai quatre ans.
-Ca a été une longue journée. Tu veux manger quoi ?
-Je sais pas.
-J’ai une idée. Je commande une pizza !
-Ok. Tu appelles ou je le fais ?
-Moi !
-Allo pizzeria « Chez Luigi » ?
-Joe ? C’est Pierre. Une pizza. On prend le tout.
-On ? Tu es avec ta fille c’est ça ? Trop cool !
C’est fou ce que je t’envie.
-Merci.
-Je la fais livre dans cinq minutes. Bye
-J’ai pris le tout me dit-il en se tournant vers moi.
-Ah ?
-Je ne savais pas ou plutôt je ne sais pas ce que tu aimes.
-Pareil. Je les aime toutes.
Depuis que Nico est mort, Angèle ne faisait plus à manger. Alors j’allais manger une pizza hors du souk-appart.
-Au moins tu mangeais.
Nous mangeâmes nos pizzas.
Je marchais vers ma chambre quand mon GSM sonna.
-Allo ?
-Catherine ? C’est Ambre.
-Ambre ! m’exclamai-je.
-J’ai sonné chez Angèle, puis sur ton GSM.
-Je suis chez…Chez mon père.
-C’est pas vrai ?
-Si ! Je suis hyper contente ! Ca fait quatre ans que je ne l’ai pas vu.
-J’imagine !
-Il est super sympa !
-Il se fait tard, je te rappelle demain.
-Vers dix-sept heures alors.
-Ok. Bye
Cette nuit là fut comme toutes les autres nuits : calme et paisible !
Lorsque nous nous rendîmes sur le court de tennis, le lendemain, la pluie vint à tomber et nous remplaçâmes notre partie par un cinéma.
Le soir, quand Ambre, ma meilleure amie m’appela, je lui racontai ma journée.
-Angèle est venue me parler aujourd’hui.
Tu devrais aller la voir.
-…
-Catherine ?
-Je sais pas. J’irai un de ces jours.
-Je compte sur toi. Bye.
Le lendemain, j’annonçai à Pierre mon intention de lui rendre visite.
-Je suis d’accord. Je viendrai avec toi.
Je vais au bureau et je passe te prendre dans deux heures.
-Ok !
Je m’avançai sur la porte du souk-appart, nom que je lui ai donné car il n’est jamais en ordre.
Je sonnai.
-Angèle ! s’écria Angèle en me voyant.
-Salut, je suis passée avec Pierre pour te rendre visite.
-Merci beaucoup.
-Angèle, tu sens l’alcool. Tu as bu ?
-Oui, pas beaucoup.
-Mais oui, fous toi de moi.
-Eh bien entrez !
Nous entrâmes et nous nous débarrassâmes de nos manteaux.
Une gamine d’environ cinq ans vint nous rejoindre en pleurant.
-Maman, maman. Nounours m’a mordu.
-Mais Coralie, comment un ours en peluche peut-il te mordre ?
-Ca fait mal.
Voyant qu’Angèle ne s’en sortait pas, je pris la petite sur mes genoux et entrai dans son jeu :
-Alors Coralie, où « Nounours » t’a-t-il mordue ?
-Elle me regarda des ses grands yeux étonnés et me demanda timidement :
-T’es qui toi ?
-Catherine.
Puis me tournant vers Angèle :
-Qui c’est ? Que fait-elle ici ?
-C’est une amie qui me l’a déposée pour que je m’en occupe pendant une journée.
-Je ne te crois pas


diane
mar 09 mai 2006 17:51